Ljiljana Khalizov.
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MessageSujet: Ljiljana Khalizov. Dim 7 Mai - 19:58

▬ ft. "Ljiljana" de Ilya Kuvshinov

Âge : 24 ans
Occupation : Aucun (pour le moment)
Nationalité : Russe
Orientation sexuelle : Hétéro.
Groupe : Importé
Faction : Aucun

Ljiljana Elizabeth

KHALIZOV PAVLOVITCH
Caractère
De nature plutôt calme, Ljiljana est une personne très douce.
Éduquée selon son rang, elle est cultivée et bien instruite. Durant sa longue enfance, elle a étudié la géographie, l'histoire, les lettres, quelques langues étrangères telles que l'anglais, le français, le portugais et le chinois. Très studieuse et consciencieuse, elle a également eu l'occasion de converser de longues heures avec son professeur sur des sujets politiques essentiels à sa future fonction.
Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle ne s'est jamais énervée. Ses parents lui ont toujours appris qu'il n'y avait aucun problème, seulement des solutions. Ainsi, elle n'a jamais eu à hausser le ton ou paraître contrariée.
Malgré son physique doux et parfois innocent, elle est très débrouillarde et indépendante, ce qui fait sa force.
Elle est parfois têtue et aime aller au bout de ses décisions.
Pouvoirs et caractéristiques physiques
Listes de pouvoirs : 1. Contrôle des plantes.
Type de créature :
Pouvoir passif : Longévité accrue.
Elle vieillit plus lentement que la moyenne. Hérité de sa mère, ce pouvoir passif fait qu'elle a l'apparence d'une jeune femme de 24 ans alors qu'elle en a en réalité 51.

Pouvoir actif : Contrôle des plantes.
Elle a la capacité de faire pousser des plantes dans un rayon de 15 mètres et de contrôler toute plante/élément naturel à sa guise, dans un rayon de 3 mètres.

Caractéristiques spéciales : Elle possède deux larges cicatrices sur le bras et l'abdomen (au côté droit) qui semblent couvertes d'écorce et se fondre dans sa peau.
Changement physique dû à l'utilisation de ce pouvoir :
Histoire

Un livre ancien dont la tranche abîmée par le temps laissait entrapercevoir un titre aux caractères dorés.
Un certain nombre de lettres tenues en petit paquet par deux élastiques.
Une vieille photographie aux bords cornés représentant un couple dans la fleur de l'âge.
Un rouleau de papier épais sur lequel était peint un portrait officiel, celui d'un homme important sans doute.
Une pipe en bois ornée de gravures dont la partie la plus fine était en ivoire.
Une cuillère en argent ternie sur laquelle on pouvait voir des lettres en alphabet cyrillique.
De nombreux dessins d'enfants et croquis de main de maître.

Il s'agissait là de son héritage. C'était tout ce que contenait la boîte scellée que lui avait laissé son père avant de décéder.
Délicatement, elle prit la photographie entre ses doigts fins et souffla doucement pour retirer la poussière accumulée sur le papier.
Sur l'image, on pouvait distinguer un homme d'une quarantaine d'années. La femme à ses côtés était sans aucun doute son épouse. Richement habillée, on pouvait aisément deviner qu'elle était de noble naissance.

*TOC TOC TOC*

Reposant tout aussi délicatement la photographie, celle qui se tenait devant la boîte s'en détourna pour faire face à la porte. C'était une jeune femme aux cheveux d'un noir pur. Coupés au carré, ils encadraient un visage dur et déterminé, celui d'une personne ayant découvert bien trop tôt que la vie n'est pas un conte de fées. Sa silhouette élancée se découpait dans la lumière qu'apportaient les immenses fenêtres de la pièce.
Un vieillard entra et s'inclina avant de parler :

« Veuillez pardonner mon intrusion mais... L'heure est venue, mademoiselle.
- Très bien. »

L'individu s'inclina à nouveau et sortit en prenant soin de refermer la porte derrière lui. Dans un soupir, la jeune femme retourna près du secrétaire sculpté à la main et glissa la photographie dans sa chemise. Elle prit également le livre, les lettres, la pipe, la cuillère et quelques croquis qu'elle disposa soigneusement dans ses bagages avant de sortir de la pièce. Elle hésita un instant avant de fermer la porte, puis partit.

***

Les cris de l'équipage qui s'affairait au dehors troublait le silence de la cabine. Bercée par le mélange de tangage et de roulis provoqué par l'océan, la demoiselle écrivait. Cela faisait maintenant plusieurs semaines que le bâtiment avait quitté le port de Brest. Pensive, elle releva la tête et son regard s'attarda sur le paquet de pages qu'elle avait déjà rédigées. S’autorisant une pause, elle mit l’encrier, la plume et la feuille sur le meuble avant de sortir prendre l’air sur le gaillard avant. De là, elle observait à loisir l’océan et ses vagues s’étendant à perte de vue.

« Mademoiselle Khalizov, prenez garde. Le vent est puissant depuis ce matin. »

Sur sa gauche, le jeune homme qui venait de parler lui adressa un léger signe de tête en témoignage de respect, puis retourna à ses occupations de mousse. Nuit et jour, elle le voyait récurer le sol du pont principal, courir des cales à la cuisine ou encore monter au mât de misaine pour vérifier les cordages. C’était un garçon très investi dans sa tâche et soucieux de bien faire.
De sa veste, elle sorti une lettre qui semblait provenir du paquet qu’elle avait reçu de son père. Elle la déplia et la lu à nouveau. Des centaines de fois ses yeux avaient parcouru les courbes des mots présents sur la page. Elle connaissait ces paragraphes par cœur et pourtant elle avait le sentiment de les redécouvrir à chaque lecture.

[  Ljiljana, ma fille,
Je veux tout d’abord que tu saches que je suis fier de toi. Depuis ta naissance, et j’en suis convaincu, jusqu’à la fin des temps.
Je suis conscient que tu connais ce récit mais je voulais que tu gardes une trace écrite de notre histoire à ta mère et moi.

Alexandre Ier, ton grand-père, s’est marié avec la princesse Louise de Bade, alors renommée Elizabeth Alexeïevna, au début du XIXè siècle. Ensembles, ils ont donné naissance à Zénaïde, ta mère. Mes parents me contaient à quel point les festivités organisées pour l’occasion étaient grandioses. Comme le peuple l’espérait, elle développa rapidement des qualités dignes de l’impératrice qu’elle est devenue par la suite. Beaucoup cependant se sont posés des questions quant à son état de santé. En effet, elle ne grandissait que très lentement. À l’âge de huit ans elle avait encore le physique d’un enfant d’à peine quatre ans. Le tsar et son épouse s’en trouvaient alarmés, mais leur médecin leur confirmait sans cesse que la petite était en parfaite santé.
Ce n’est que deux ou trois années plus tard que la lumière se fit dans leur esprit. Zénaïde jouait près de la fontaine aux milles larmes dans le grand jardin du palais. Sculptée dans le marbre, cette œuvre bi-centenaire tenait son nom d’une ancienne époque, où les mères et femmes de ceux qui partaient en guerre venaient se recueillir lorsque leur époux, leur fils trépassait. Elizabeth, l’épouse d’Alexandre Ier, marchait paisiblement dans les allées de lilas en fleurs, en direction de la source d’eau. Une fois près de sa fille, elle lui demanda comment s’était déroulée sa journée auprès de ses professeurs. Dans un sourire, Naï, comme j’aime l’appeler, expliqua en des mots simples ce que lui avait enseigné son maître de géographie sur Christophe Colomb et le nouveau monde. Puis, prise d’une envie de rendre sa mère joyeuse, elle se pencha et posa sa petite main au sol avec douceur avant de se relever. Une tige perça la terre et s’éleva lentement vers le ciel, de minuscules branches se développant autour d’elle. Au bout, une rose aussi pure que la neige vit le jour et s’épanouit lentement, comme apaisée par la chaleur que lui apportait le soleil.
Elizabeth ne fut pas apeurée. Elle observait sa fille avec admiration, son regard jonglait entre l’enfant et la plante. Les mots lui manquaient.
Dans une volonté de protection de leur descendance, le couple impérial dissimula le pouvoir de Zénaïde au peuple pendant de longues années. Cependant, la nouvelle devait bien être annoncée. Dix-neuf ans après sa naissance, la jeune fille en paraissait à peine une dizaine Les habitants s’inquiétaient de l’absence de leur princesse, mais ils n’auraient pu comprendre la raison de son physique enfantin. Pour son vingtième printemps fût organisé un grand bal précédé d’un discours présidé par le tsar lui-même. J’avais alors 6 ans mais je m’en souviens encore. Je me revois courant entre les jupons des grandes dames avec ma nourrice aux trousses. Cette bonne Anna, je lui en aurais fait baver.
Je m’égare, pardonne moi ma chérie. J’aime tant me remémorer le passé et ses beaux moments… J’écris sans réfléchir, ma plume est guidée par mes souvenirs…
L’assemblée se calma et je m’arrêtais de gambader lorsque le tsar parût. Le silence se fit totalement à l’arrivée de l’impératrice Elizabeth et de sa fille, Zénaïde. Cela faisait des années que nul ne l’avait vue. Lentement, une vague de questionnement monta face au physique de la jeune fille de vingt ans pourtant. Le dirigeant du royaume leva les mains pour ramener le silence, puis il prit la parole.
« Mes chers sujets, mes chers amis.
Aujourd’hui nous festoyons en l’occasion du vingtième anniversaire de ma fille bien aimée, la princesse Zénaïde Angelina Pavlovitch Alexeïevna. Comme vous l’aviez sûrement remarqué, depuis de nombreuses années, elle n’apparaît pas en public. Nous avons pris cette décision…par soucis de protection. »
Il marqua une pause et balaya l’assemblée du regard. Ils étaient tous attentifs, pendus à ses lèvres pour avoir l’explication d’un tel phénomène. Il reprit :
« Je vous expliquerais volontiers de quoi il retourne, mais une démonstration vaut mieux que mille mots. »
Avec un sourire, il se tourna vers sa fille et l’invita à se présenter devant le peuple. Hésitante, cette dernière fit un pas, puis un autre, jusqu’à passer devant son père afin que tout le public puisse la voir. Elle esquissa une mimique gênée et leva doucement la main pour saluer les habitants qui se pressaient pour l’apercevoir. Je ne faisais pas exception, tu t’en doutes. Je jouais des coudes pour admirer notre belle princesse, mais je ne vis qu’une enfant de mon âge.
Elle se pencha et toucha le sol et au devant de l’estrade, la terre commença à se mouvoir. D’abord apeurés, les spectateurs reculèrent tout en restant concentrés sur ce qui se passait sous leurs yeux ébahis. Une plante se mit à pousser là où plus tôt se tenaient encore des dizaines de personnes. Des fleurs par paquets écloraient à chaque branche nouvelle. Bientôt, ce fût une magnifique azalée qui se dressa entre l’assemblée et la future impératrice. Des rumeurs d’étonnement se firent entendre peu à peu. Autour de moi, j’entendais murmurer de peur parfois, mais surtout d’admiration. Une voix perça le bruit ambiant, ramenant un peu de silence parmi les habitants excités par la démonstration surnaturelle dont ils venaient d’être témoins : « Леший ! » (Liéchi). Ils reprirent tous en cœur : « Леший ! Леший ! Леший ! ».
Un léger sourire naquit sur les lèvres de Zénaïde, tout comme sur celles de ses parents. Consciente de l’honneur que lui faisait le peuple, elle s’inclina devant eux, respectueuse et humble.
Comme tu le sais, Liéchi est l’esprit de la forêt et des arbres en lequel nous croyons. Nous le respectons profondément car il protège et gouverne les bois qui nous entourent. Il commande aux animaux et contrôle la flore, il est capable des pires méfaits comme des plus belles intentions. Les habitants ont vu en ta mère une incarnation partielle de l’esprit de la forêt car elle était à même de faire pousser des plantes, mais aussi de leur parler pour obtenir leur aide. Elle fût vénérée comme une déesse de nombreuses années durant. ]

La jeune Ljiljana fit une pause dans sa lecture pour observer l’horizon. Le vent s’était renforcé et de grosses vagues faisaient grincer la coque du navire. Une bourrasque lui arracha la lettre de son père des mains, et dans un cri, elle tenta désespérément de l’attraper avant qu’elle ne soit perdue à jamais. Le reste du monde s’était évanoui, elle n’avait d’yeux que pour les feuillets qui s’envolaient, balayés par la tourmente. Même lorsqu’ils eurent disparu, son cœur ne parvenait pas à accepter la vérité, jusqu’à ce qu’elle sente une paire de bras puissants se refermer autour de sa taille, sans doute pour éviter qu’elle ne tombe dans l’océan tumultueux. Puis tout devint noir…

***

Son sommeil était agité, les rêves n’en étaient pas, pourtant il s’agissait de souvenirs. Elle revit son enfance entourée de parents qui l’aimaient profondément. Son père, artiste peintre renommé de la cours, aux côtés de sa mère, princesse et future impératrice de l’Empire de Russie. Elle revit les années de joie et de paix, jusqu’à ce que le bonheur s’effondre et que débutent les années les plus sombres de son existence. L’Europe se développait et avec elle, ses croyances. Des étrangers venus des pays de l’ouest venaient vivre parmi le peuple russe et commençaient à critiquer leurs convictions les plus profondes. Alors que la population locale vénérait l’impératrice comme l’aurait été une déesse, les occidentaux ne virent en elle qu’un démon qu’il fallait éradiquer. Elle représentait pour eux un obstacle à la science exacte et à leur croyance selon laquelle toute chose a une explication logique et scientifique.
Après la mort de son père au début du XXe siècle, il y eut la révolution. Sa mère jusqu’alors adorée fut traquée par ceux qui prenaient peu à peu le contrôle du pays. Son univers s’était effondré. Son époux emporté par la vieillesse, son empire déchiré en proie à la folie, sa fille introuvable… Contrainte à la fuite, Zénaïde traversa la Chine puis l’océan pacifique afin de rallier le Brésil, terre d’asile où elle se savait attendue. Ljiljana quant à elle fut faite prisonnière avant d’avoir pu quitter la demeure impériale. De l’eau… Son cauchemar se brouilla soudain et elle ouvrit les yeux, constatant que le jeune mousse lui passait un linge humide sur le front. Lui adressant un léger sourire, il lui expliqua ce qui s’était passé, n’omettant aucun détail. Il parla ainsi une bonne dizaine de minutes, essorant le linge dans la bassine pleine d’eau fraîche posée sur le petit bureau dans un coin de la cabine. Elle réalisa pleinement que la lettre était perdue et que jamais plus elle ne pourrait déchiffrer l’écriture d’Andrej, son père. Elle sentit des larmes incontrôlées lui monter aux yeux et tenta tant bien que mal de les dissimuler le temps que le mousse termine son histoire.
Suite au récit, la jeune femme se redressa sur sa couche et remercia l’adolescent qui sortit sans un mot. Les souvenirs qui avaient hanté son sommeil lui revenaient en tête. Sa captivité, les interrogatoires, les tortures, sa fuite et toutes les séquelles qu’elle gardait encore aujourd’hui sur son corps et son esprit. Son regard se posa sur les feuilles rédigées durant les semaines de voyage déjà écoulées. Attristée, elle saisit quelques pages du dessus de la pile pour les relire.

« Je dois achever cet ouvrage… Pour toi maman, et pour toi papa… Vous manquez à mon cœur comme le soleil manque aux fleurs lorsque la nuit étend son ombre sur le monde. »

Puis elle commença à lire ses propres mots, inscrits à l’encre noire sur le papier.

[ Il faisait froid. Je n’étais au fond de cette cellule que depuis quelques jours, mais la température me gelait les os et faisait de mon souffle un nuage brumeux dans la faible lueur qu’apportait la fenêtre striée de barreaux. Des éclats de voix attiraient parfois mon attention, mais personne ne semblait voir que je me trouvais là, jusqu’à ce qu’il vienne.
Au 6e jour de ma séquestration, il vint me rendre visite. C’était un homme de taille moyenne aux cheveux d’ébène descendant au-dessous de ses épaules. Sa mâchoire carrée et ses yeux perçants me faisaient penser aux chiens de chasse que mon grand-père élevait pour son plaisir. Je pouvais sentir sa malveillance par la façon dont il m’observait. Lorsqu’il prit la parole, sa voix à l’accent incertain me glaça.

« Mademoiselle la princesse… Quels secrets recelez-vous ? Quelles mystérieuses découvertes se trouvent en vous ? Mes employeurs cherchent des réponses, et ils en auront quand j’en aurai terminé avec vous. »

Un sourire malsain dévoila une rangée de dents parfaitement blanches pourtant mal alignées. Considérant sa visite terminée, il me tourna le dos et sortit de la cellule, prenant soin de refermer le verrou derrière lui. Quelques instants plus tard on me portait un maigre dîner indigne de mon rang, mais j’étais tellement affamée que je ne m’en souciais plus.
Dès lors, mon quotidien devint affreusement répétitif. L’étranger venait me voir tous les jours pour me poser des questions auxquelles je ne daignais répondre. À chaque refus son visage se tordait en une grimace étrange mais il gardait patience. La fin de chacune des entrevues se soldait par un : « À demain. » sec et cinglant à la suite desquelles on me servait mon repas, le seul de la journée. Après cela, je dormais jusqu’à ce que le cycle recommence…
Un matin, alors que le soleil pointait derrière les barreaux, le cliquetis du verrou me tira hors du sommeil. La vue encore brouillée et le corps engourdi par la fatigue, je ne pus protester lorsque deux silhouettes trapues me soulevèrent comme une vulgaire botte de paille. À l’entrée de la cellule, l’étranger m’adressa une légère courbette pleine d’ironie et de défiance. Je n’étais plus la fille de l’impératrice, je n’étais plus rien… Je tentais désespérément d’avoir des pensées heureuses pour ne pas sombrer dans la folie. Tout devint flou et trop épuisée pour lutter, mes yeux se fermèrent…

Le contact des grilles glacées contre ma peau me sortit de ma torpeur. La lumière m’aveugla d’abord, mais bientôt je vis autour de moi le genre de machines qu’utilisent les chercheurs dans les livres scientifiques.

« Taille, poids, dentition, âge… Rien ne colle ! Elle devrait avoir au moins 40 ans déjà ! »

Il était là, vêtu de cette blouse blanche typique des laboratoires et mordant le crayon à papier qui lui servait à noter sa réflexion sur un petit calepin aux bords jaunis par le temps. Il ratura les derniers mots inscrits sur le papier et se tourna vers moi, l’air contrarié.

«  Qui es-tu ? Quel genre de créature es-tu ?! »

Durant les heures qui suivirent, je l’observais faire les cent pas d’un bout à l’autre de la pièce. Il me lançait parfois des regards interrogateurs avant de se replonger dans ses questionnements. Le manège dura ainsi jusqu’au soir. Il avait passé la journée à étudier ses équations et hypothèses, éparpillant toujours plus de feuilles au sol et sur les bureaux déjà encombrés  par de multiples fioles et instruments scientifiques.
Le lendemain, alors que l’horloge de la pièce indiquait 6h38, l’étranger ouvrit la porte avec violence et entra dans le laboratoire l’air déterminé. Son expression renfrognée m’indiqua qu’il était de mauvaise humeur, sans doute suite aux échecs répétés de ses calculs la veille. Je n’oublierai jamais ces yeux emplis de haine qui me fixèrent alors. Ce fut le début du véritable cauchemar, celui qui me marqua à vie sur mon corps et dans mon esprit. Aidé de ses sbires courts et trapus, il m’attacha sur une sorte de table recouverte de caoutchouc dont les bords étaient munis de sangles en cuir noir. Armé d’une seringue, le chercheur s’approcha de mon bras et
m’injecta une substance étrange. La sensation du liquide brûlant entrant dans ma veine était
atroce. La peur m’envahissait, si bien que j’implorais qu’on me laissât en paix. Mes membres
tremblant s’engourdissaient et ma vue se troublait par moments, je n’avais plus la force de lutter.
J’étais consciente mais incapable de me défendre, droguée.
L’homme aux cheveux d’ébène exerça une foultitude d’expériences sur mon corps. Au début ce
ne fut que des tests primaires qui ne poussaient pas mon enveloppe corporelle dans ses
retranchements. Il effectuait des prises de sang, des analyses de mon code génétique, des
examens de chaque parcelle de mon corps qui aurait pu l’aider dans ses recherches. Contrarié
par ses échecs répétés et son incompréhension de mon aptitude à vieillir deux fois moins vite que
la normale il s’aventura dans un nouvel aspect de la science. Les expérimentations qui suivirent
n’étaient pas de simples prélèvements sanguins ou de petites observations. Aujourd’hui encore j’ai
le souvenir de cette lame acérée qui lui servait à m’entailler les bras et l’abdomen. Il était obnubilé
par la moindre réaction anormale de mon être et ne me quittait presque jamais des yeux. J’étais
devenue un amusement, un jouet qu’il pouvait maltraiter comme bon lui semblait. Je n’avais plus
la notion du temps, je sentais la douleur sans la ressentir, je n’étais que l’ombre de moi-même, je
n’étais plus rien. Les jours se suivaient sans en avoir l’air, les repas n’avaient aucun goût, la vie elle-
même ne semblait plus qu’un cauchemar sans fin…
Après une durée que je ne saurais définir autrement que l’éternité, mon organisme finit par réagir à
ces agressions incessantes. C’est au sourire qu’il fit ce soir là que je compris que la torture portait
ses fruits. Toutes les électrisations, les injections, les étouffements, les coupures et analyses de sang,
les violences en tout genre que je subissais depuis tant de temps avaient provoqué en moi des
changements étranges. Sur mon avant-bras, et sur la droite de mon bassin se situaient les entailles
que l’étranger m’avait infligées le matin même. Soudain, elles commencèrent à cicatriser à une
vitesse hallucinante, se couvrant dans le même temps d’écorce. Mon corps réagissait et je sentais
le pouvoir de ma mère se développer en moi pour me protéger. Bientôt, mes blessures les plus
récentes furent cicatrisées et couverte d’une enveloppe nouvelle semblable à la celle des pins qui
peuplent la forêt. ]
***
Ljiljana reposa soigneusement les feuilles sur le bureau devant elle. Les atrocités qu’elle avait
vécues la hantaient encore mais elle se savait en sécurité maintenant. Le navire se dirigeait vers les
côtes brésiliennes, terre d’asile où elle retrouverait Zénaïde, sa mère. Elle espérait y mener une
nouvelle vie et ainsi oublier celle qui avait précédé. Elle se souvenait encore de l’apparition de ses
pouvoirs et la façon dont elle s’était évadée de sa prison de douleur. Contrôler les plantes lui avait
pris du temps mais du jour où elle s’en était sentie capable, elle n’avait pas perdu une minute.
Rassemblant tout son courage, elle avait glissé ses pensées vers les quelques plantes disposées
dans le laboratoire et les avait dirigées sur l’étranger. Ivre de liberté mais surtout de vengeance
pour tout ce qu’il lui avait fait subir, elle lui avait fait payer ses actes. S’étant échappée de la
prison, elle prit la décision de fuir vers la France. Là, elle retrouva l’une des servantes de ses parents,
laquelle lui offrit un toit et de la nourriture. Durant plusieurs mois, la jeune femme se reconstruisit peu
à peu, pansant les plaies du passé, les yeux tournés vers l’avenir. Il ne lui manquait qu’un navire et
son équipage afin de réaliser sa quête de paix intérieure : Retrouver sa mère en Amérique du Sud.

Après avoir médité sur le parcours effectué depuis un peu moins d’une année, la jeune femme
sortit de sa cabine. Elle se dirigea vers le ponton pour admirer l’océan tumultueux, les cheveux
ébouriffés par le vent. Ce dernier s’intensifiait depuis l’incident qui lui avait valu la perte de sa
précieuse lettre, inquiétant la plupart des marins à bords. Les plus aguerris rassuraient les jeunots par
de grandes tapes amicales sur l’épaule et leur voix tonitruante proférant des jurons de toute sorte.
Au loin, un éclair frappa l’eau, suivi d’une détonation qui fit sursauter Ljiljana. L’orage se
rapprochait. Elle connaissait les légendes du triangle des Bermudes mais n’avait pas peur. Avoir
traverser tant d’épreuves et échouer si près du but ne lui semblait pas être une alternative possible.
La pluie se mit à tomber, la trempant jusqu’aux os et faisant claquer les voiles que les mousses
tentaient désespérément de remonter.
« JE N’AI PAS PEUR ! »
Elle avait hurlé dans le vent. Sa voix s’était perdue, étouffée par la puissance de la tempête.
Derrière elle, le capitaine aboyait ses ordres à la volée, menant son équipage à la perfection.
Malheureusement ce ne fut pas suffisant. Les vagues les plus grosses passaient au dessus du pont,
emportant parfois un marin n’ayant pas eu le temps de s’arrimer. De son côté, Ljiljana
appréhendait le rouleau immense qui s’approchait d’eux. Elle n’eut pas le temps d’avoir peur qu’il
était déjà sur eux. C’était la fin. Ce fut le naufrage.
***
Après une éternité passée à se battre contre les courant, à se hisser à la surface pour une
minuscule bolée d’air, le calme revint. La jeune femme était épuisée mais elle eut le temps
d’apercevoir une petite embarcation voguant tranquillement vers elle. Au loin, elle distinguait
difficilement ce qui semblait être une île, ou bien un continent… Elle se sentit hissée par une paire
de bras puissants mais ne protesta pas. Elle était bien trop fatiguée pour réfléchir. Ami, ennemi, où
se trouvait-elle, qui étaient ces gens, … ? Toutes ces questions restèrent sans réponse tandis qu’elle
sombrait dans le sommeil.



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MessageSujet: Re: Ljiljana Khalizov. Dim 7 Mai - 20:48
Bienvenue, Ljiljana, et bon courage pour le reste de ta fiche !

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MessageSujet: Re: Ljiljana Khalizov. Lun 8 Mai - 22:30
Bienvenue Very Happy

Bon courage pour ta fiche et si tu as besoin d'aide, ou que tu as des questions n'hésite surtout pas!

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MessageSujet: Re: Ljiljana Khalizov.
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Ljiljana Khalizov.
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