[FINI] Aucune tombe [PV le Pontife]
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MessageSujet: [FINI] Aucune tombe [PV le Pontife] Mar 27 Juin - 23:01
 

Dimma Dökkhönd

Le Pontife

Aucune tombe
Dimma sirota le contenu de sa tasse en grès, un thé vert qui lui rappelait presque le goût du thé de son monde d'origine. Il avait toujours favorisé le rooibos, qu'il considérait comme plus savoureux, plus relevé, et plus caractériel. Et c'était sans compter sa préférence pour sa couleur rouge sombre au terme d'une longue infusion.

Le seul fait d'y songer faisait monter à ses narines l'odeur si spécifique du rooibos. Cela lui manquait. Avait-il su, il se serait débrouillé pour en emmener toute une cargaison avec lui au moment de passer le portail dimensionnel, bien qu'il fût agonisant à ce moment-là. Il le savait, il se serait débrouillé. D'une façon ou d'une autre.

Dimma leva les yeux au ciel, comme pour guetter l'apparition subite d'une silhouette céleste, avant de reposer le regard sur la foule. La multitude d'individus qui allaient et venaient sur la grand-place le fascinait. L'effrayait, plutôt. Ils paraissaient tous si pressés, si hâtifs. Pourquoi ne prenaient-ils pas davantage de temps à faire les choses ? Pourquoi ne prenaient-ils pas davantage de temps à apprécier la vie pour ce qu'elle était ? Les grandes et les petites choses qui la composaient ? Puis il se demanda d'où lui venaient soudain toutes ces étranges considérations.

Il était là, assis dans son fauteuil, sa petite table à trois pieds sur laquelle reposaient une théière et une tasse à côté de lui, et observait le manège du peuple. Ses allées et ses venues. Sa célérité et sa précipitation. Inconscient. Dimma se dit que c'était dans l'ordre des choses, et peut-être mieux ainsi. Craindre pour sa vie à chaque instant de la journée était un lourd, un très lourd fardeau, et il était sûr que peu de monde serait capable de le supporter.

Depuis la mission à la cathédrale de l'Église Blanche, dont il ignorait toujours s'il s'agissait d'un succès ou d'un fiasco, Dimma surveillait constamment ses arrières. Il appréhendait que l'inquisition finisse par retrouver sa trace et l'élimine au détour d'une rue. Mourir ne lui faisait pas réellement peur, en tout cas pas plus qu'à n'importe qui d'autre, c'était de laisser sa mission inachevée qui l'horrifiait. Il savait que quelqu'un finirait par reprendre le flambeau. C'était inéluctable. Toutefois, il avait frôlé la mort de si nombreuses fois, et s'en était toujours remis, qu'il avait commencé à douter de la finitude de son être. Toute vie dans ce monde finissait inévitablement par disparaître. Dimma en avait vu quantité s'éteindre. Beaucoup trop. Et beaucoup trop amenées à une expiration prématurée à cause de la magie. De combien, encore, en serait-il le témoin avant de mettre un terme définitif à cette farce absurde ?

Dimma acheva de boire son thé par l'interstice de son masque. Avec les années, il était parvenu à développer une technique pour ce faire, et c'était l'un des rares accomplissements dont il était fier. Il se resservit et apprécia la chaleur du liquide atteindre ses mains au travers du grès. Cette chaleur se substituait facilement à celle d'un autre être humain. D'un autre proche. Parfois, Dimma sentait comme un vide au sein de son esprit, ou de son âme, il n'en était pas certain. Cette chaleur diffuse lui remémorait ce néant absolu et lui donnait l'impression qu'il n'était pas… complet.

Il releva les yeux au ciel. Aucun signe des inquisiteurs. Il avait décidé de se montrer en plein jour et de les attendre, décrétant que s'il devait perdre son temps à surveiller ses alentours, sa mission ne prendrait jamais fin, et que, quitte à les affronter, autant que ce soit sur son terrain. Il les avait déjà combattus, après tout, et n'avait éprouvé guère de difficultés à leur tenir tête. Et quand bien même le vaincraient-ils, il se relèverait.

Encore.

Toujours.

Il trouverait le moyen de se relever. Il savait que son âme ne connaîtrait pas le repos tant qu'il n'aurait pas achevé sa juste mission. Aucune tombe ne pouvait retenir son corps, ce n'était sûrement pas une transformation en Gardienne qui changerait quoi que ce fût à sa détermination.

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MessageSujet: Re: [FINI] Aucune tombe [PV le Pontife] Mer 28 Juin - 17:06

"[...] Puisse-t-il servir Shën avec la satisfaction de l'avoir servie, même dans la mort." Conclut le Pontife.
Un soleil radieux illuminait l'entièreté du ciel sans le moindre nuage. Shën ne permit même pas de couvrir les pleurs de sa femme avec la pluie. Le Pontife savait que c'était pour l'accabler de sa faute. Il aurait dût arriver plus rapidement. Ils n'auraient pas réussi à s'enfuir, les escarmouches auraient peut-être pris fin mais, surtout, personne n'aurait eu à mourir.
La jeune fille déposa un bouquet, sans réellement comprendre ce qu'il se passait. Elle cherchait vainement du regard son père parmi les nombreux inquisiteurs ayant pris part à la cérémonie.

Soudainement déambula un inquisiteur. "Nous l'avons trouvé !" s'exclama-t-il. L'agitation gagna l'assemblée, un petit groupe de cinq volontaires s'organisa rapidement, exalté et réclamant vengeance.
"Un peu de respect !" S'énerva le Pontife, se blâmant lui-même, avant de regagner son habituel calme.
"Raccompagnez Madame et sa fille puis que ceux ayant une famille sont priés de la rejoindre."
Au bout de quelques minutes, le calme revînt, le Pontife faisait face à la sépulture, seul. Il déposa une fleure bleue et s'envola en direction du fautif de tout ceci.


En quelques minutes, il arriva à une terrasse ou l'attendait ce fameux "Vinur", il le rejoint.

"Belle journée, n'est-ce pas ?" Salua le Pontife, regardant le ciel.
"Vous permettez ?" Demanda-t-il avant d'attirer une chaise à lui, s'asseoir et se servir un thé.
Il ferma les yeux et rapprocha la tasse pour en humer l'odeur. Il appréciait parfois un bon thé mais n'était pas réellement un amateur de ceux-ci. Il se contenta des usages.
"Exquis" Rajouta-t-il avant de reposer la tasse, sans l'avoir porté à ses lèvres.

"D'ailleurs, Shën vous remercie d'avoir pris la peine de lui envoyer de la compagnie." lâcha-t-il, durcissant sa voix sur les derniers mots. Il savait déjà que son interlocuteur n'avait même pas pris la peine de sa crisper, il l'avait vu. Était-ce par désintérêt envers la vie d'autrui ? Peut-être était-il prêt à expier sa faute.

Le Pontife marqua une pause avant de réitérer le geste avec le thé, fermant les yeux.
"Cela va sans dire qu'il est inutile de tenter de fuir." asséna-t-il en reposant la tasse et rouvrant les yeux.

"Ce sont des gens comme vous que je tente de protéger cette cité. C'est ce que je tentais d'expliquer à ce petit rebelle. Comme pour lui, je vous propose de nous remettre cette dangereuse femme. Nous oublierons, nous pardonnerons, comme toujours."

Il marqua un long silence.

"C'est ce que j'aurais put vous dire.
Son enterrement a eu lieu à l'instant, si vous vous demandiez. Sa fille a déposé un bouquet de lys. On vous attendait."
Il nota sa propre colère et déposa délicatement la tasse, ébréchée.

"Les impies tels que vous n'ont que faire du Musaboru mais attachent de l'importance à survivre, même dans la mort."
Il se pencha vers son interlocuteur.
"Je ne le permettrais pas, je ne vous laisserais pas devenir un martyr. Je détruirais chacun de vos idéaux, chacune de vos certitudes et chaque souvenirs que l'on a de vous. Vous disparaîtrez dans l’indifférence, sans le moindre témoin et accablé d'emmener votre cause démente avec vous. Peut-être pourrez-vous vous racheter auprès de Shën dans la mort."

Le pontife reprit ses distances avant de continuer.
"Néanmoins, je me demande. Pourquoi attendez-vous ici plutôt que tenter vainement de fuir ? Êtes-vous si confiant dans vos capacités ? Espériez-vous voir arriver une sentinelle isolée ?"

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MessageSujet: Re: [FINI] Aucune tombe [PV le Pontife] Jeu 29 Juin - 0:30
 

Dimma Dökkhönd

Le Pontife

Aucune tombe
— Belle journée, n'est-ce pas ?

Dimma leva les yeux. Un homme fait de métal et de bandelettes se dressait devant lui. Grand, plus grand que lui, mais à cela il ne prêtait guère plus d'attention désormais.

— Vous permettez ?

L'inconnu prit place en face de lui. Son visage était recouvert d'un masque d'acier, aux lentilles de verre d'un bleu iridescent. Il se servit une tasse de thé et la porta à haute de son nez. Dimma se demanda un instant comment il espérait boire, mais l'inconnu coupa court à ses fantaisies en reposant la tasse.

Une paille, éventuellement… ?

— Exquis.

C'était peut-être encore plus incongru que s'il était parvenu à boire : comment avait-il bien pu sentir le fumet du thé à travers un casque de cette épaisseur ? C'était ridicule.

— D'ailleurs, Shën vous remercie d'avoir pris la peine de lui envoyer de la compagnie.

Comment ? Qu'avait-il dit ? Dimma était obnubilé par cette capacité à sentir au travers d'une paroi, et n'avait pas réellement prêté attention à ses propos.

L'inconnu réitéra son rituel, élevant à nouveau la tasse vers sa figure glacée. Dimma fronça les sourcils. Qui était cet individu ?

— Cela va sans dire qu'il est inutile de tenter de fuir.

Il faisait partie de l'Église Blanche. Cela allait de soi, maintenant. Mais par quelle magie parvenait-il à humer l'odeur d'un thé vert ? Était-ce l'une des nombreuses bénédictions de Shën ?

— Ce sont des gens comme vous que je tente de protéger cette cité.

Je ? Pas nous ?

— C'est ce que je tentais d'expliquer à ce petit rebelle.

Je ? Pas nous ?

— Comme pour lui, je vous propose de nous remettre cette dangereuse femme.

Je ? Et nous ?

— Nous oublierons, nous pardonnerons, comme toujours.

Nous ? Pas je ? Plus cette personne déblatérait, plus il devenait évident qu'elle n'était pas un simple spadassin de l'Église. Non, elle était d'un tout autre calibre. Un haut-gradé ? Un prêtre quelconque ? Ou alors un homme de paille ? Un banal balayeur envoyé pour impressionner Dimma ?

Je, je, je, je, cet homme parlait beaucoup de lui-même. IL tentait de protéger la ville, IL tentait d'expliquer à ce petit rebelle, vraisemblablement cet imbécile de Kazunigaud, IL lui proposait de LEUR remettre la dangereuse femme, vraisemblablement cette infortunée Candice Rascorb, et en conséquence ILS oublieraient, ILS pardonneraient.

Comme toujours.

Il et ils. Il se mettait en avant de ils, car il était à n'en pas douter une force meneuse chez ils. Aucun inquisiteur classique ne se mettrait en valeur de la sorte.

— C'est ce que j'aurais pu vous dire. Son enterrement a eu lieu à l'instant, si vous vous demandiez. Sa fille a déposé un bouquet de lys. On vous attendait.

Son enterrement ? Dimma fit le rapprochement et supposa que l'homme faisait référence à l'inquisiteur décédé dans l'exercice de ses fonctions. Pour sa défense, ce sombre imbécile s'était tué tout seul, car il avait cru que cela serait la meilleure alternative possible pour battre Dimma.

Manifestement, il avait eu tort.

Ceci étant, il s'interrogeait. Comment avaient-ils procédé à l'enterrement ? L'inquisiteur s'était, naturellement, transformé en Gardienne ? Avaient-ils tenu une cérémonie honorifique ? Ou bien avaient-ils eu l'audace de capturer la Gardienne et de la mettre en bière ? Peut-être était-ce là le moyen le plus efficace de se débarrasser de ces abominations. Dimma nota mentalement d'explorer cette piste pour plus tard.

— Les impies tels que vous n'ont que faire du Musaboru mais attachent de l'importance à survivre, même dans la mort.

Sur ce point, Dimma ne pouvait le contredire. Il avait évoqué cette réflexion il y avait peu, il était ainsi amusant qu'un parfait inconnu mentionnât le sujet. L'individu se pencha alors en avant et exposa ce qui était très clairement une promesse :

— Je ne le permettrai pas, je ne vous laisserai pas devenir un martyr. Je détruirai chacun de vos idéaux, chacune de vos certitudes et chaque souvenir de vous. Vous disparaîtrez dans l'indifférence, sans le moindre témoin et accablé d'emmener votre cause démente avec vous. Peut-être pourrez-vous vous racheter auprès de Shën dans la mort.

L'homme se renfonça dans sa chaise.

— Néanmoins, je me demande. Pourquoi attendez-vous ici plutôt que de tenter vainement de fuir ? Êtes-vous si confiant dans vos capacités ? Espériez-vous voir arriver une sentinelle isolée ?

Dimma s'enfonça à son tour dans son siège. Il croisa les jambes, posa les coudes sur les accoudoirs et joignit les mains devant son visage masqué. Il ne prononça pas un mot, il n'émit pas un bruit.

Cet individu, devant lui, était véritablement singulier. Différent de tous les vantards qu'il avait connus tout au long de son existence. Il avait le sentiment de se retrouver devant son reflet… devant le joueur qui lui faisait face. L'échiquier et le monde, les pièces et les phénomènes de l'univers, les règles du jeu et les lois de la Nature. Le joueur qui lui faisait face, invisible. Qui jouait toujours avec justesse, avec patience. Qui ne commettait pas la moindre erreur et qui profitait de la moindre faute.

Le joueur qui lui faisait face…

— La réponse se trouve dans votre question. Il serait vain de fuir. Alors pourquoi m'épuiser à une tâche vouée l'insuccès ?

Il laissa passer un temps avant de poursuivre.

— Je vous suppose amateur d'échecs, autrement vous n'auriez pas joué votre coup comme vous venez de le faire. Avec virtuosité je l'admets. Et étant d'un naturel poli, je vais suivre votre main et tenter de satisfaire au mieux vos attentes rhétoriques.

Il s'éclaircit la gorge et réfléchit un instant, se remémorant le déroulement de la conversation à sens unique.

— J'ignore où peut se terrer Sélène…

Il ferma les yeux et se corrigea.

— Candice Rascorb. Nous avons été séparés à la suite de notre… évasion de la cathédrale. Je ne l'ai pas revue depuis ce jour. Concernant toute cette affaire, j'aimerais vous assurer que le sang versé ne le fut pas de mes mains, que je suis un homme pacifique et que tous les incidents qui se sont produits ne sont que le fruit de la témérité suicidaire de votre némésis Kazunaga. La vérité est que vous ne me croirez pas. Quoi que je dise. Quoi que je conjure. Je suis un individu pragmatique, et je subodore que vous me ressemblez en ce point, aussi vous épargnerai-je les détails. Toutefois, pour ce que cela vaut… je suis profondément peiné du décès de l'inquisiteur. C'est une véritable tragédie, mais je sais que mes remords ne le feront pas revenir parmi nous. Il ne me reste qu'à l'accepter et aller de l'avant, et faire en sorte que son trépas ne soit pas vain.

Il fixa son interlocuteur droit dans les yeux, ou tout du moins ce qu'il pensait ses yeux. Ces lentilles froides le décontenançaient quelque peu. Pas nécessairement parce que cela rendait l'inconnu insaisissable, mais plutôt parce que Dimma sentait poindre en lui une once de jalousie. Il aurait tellement souhaité posséder un masque aussi génial.

— Vous avez déjà décidé de mon sort. Et je l'accepte avec dignité.

Dimma était confiant, en vérité. L'inconnu ne tenterait rien dans l'immédiat. Il avait juré de ne pas faire de lui un martyr et de détruire son héritage. Ce n'était pas aujourd'hui qu'il y parviendrait, autrement cela ne ferait que perpétuer la cause. Après tout, Dimma avait déjà détruit trois villes corrompues, cela avait très probablement dû créer des émules. Des émules qui, tôt ou tard, échoueraient à Satkaon. Dimma se considérait comme hyper compétent dans le domaine… alors quels résultats obtiendrait une légion à son image ?

— En vous écoutant parler, je nous ai décelés de nombreux points communs. Nous partageons déjà un certain sens du… dramatique, si j'ose dire. Et je suis persuadé que nous partageons des convictions identiques. Nous voulons tous deux protéger le peuple de Satkaon, et pourtant, par un étrange coup du sort, nous nous retrouvons chacun sur un bord opposé de l'échiquier.

Au détail près qu'il ne s'agissait pas d'un jeu d'échecs, mais d'un jeu de go. Dimma décroisa les jambes et jeta des regards alentour.

— Regardez-moi cela. Cette paix absolue. Ces gens qui ignorent qui nous sommes, vous et moi, ou qui font semblant de l'ignorer. Regardez ces gens qui vivent leur vie sans ambages. Sans ennuis. Pour que ces gens poursuivent leur vie sans ambages, sans ennuis, nous savons ce que cela coûte.

Il replanta ses yeux dans les lentilles de son adversaire.

— Nous connaissons le prix à payer. Cependant, je n'ai pas l'honneur de vous connaître, mon ami. Je me nomme moi-même Vinur, et je suis enchanté de faire votre connaissance. Souhaitez-vous que je commande une nouvelle théière ? Je déplore le manque de rooibos, mais nous ne pouvons hélas pas obtenir tout ce que nous désirons. N'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: [FINI] Aucune tombe [PV le Pontife] Jeu 29 Juin - 9:55


— La réponse se trouve dans votre question. Il serait vain de fuir. Alors pourquoi m'épuiser à une tâche vouée l'insuccès ?
En effet commenta-t-il amusé. Il était rare de faire face à quelqu'un de raisonné et il l'appréciait : il n'avait pas à se fatiguer en le poursuivant.

En une phrase, il avait réussit à captiver l'attention du Pontife.

— Je vous suppose amateur d'échecs, autrement vous n'auriez pas joué votre coup comme vous venez de le faire. Avec virtuosité je l'admets.
Il s'étonna du compliment, tentais-t-il de l'amadouer ? C'était donc ça son plan ? Le complimenter en espérant le pardon ?
Au moins, d'après les nouveaux dires de son interlocuteur, il acceptait de répondre aux questions.

Sélène ?
Ils avaient donc été séparés, du moins d'après ses dires. Le Pontife se permit tout de même noté le lapsus dans un coin de la tête, cela pourrait toujours servir.

— Concernant toute cette affaire, j'aimerais vous assurer que le sang versé ne le fut pas de mes mains, que je suis un homme pacifique et que tous les incidents qui se sont produits ne sont que le fruit de la témérité suicidaire de votre némésis Kazunaga. La vérité est que vous ne me croirez pas. Quoi que je dise. Quoi que je conjure.

En effet, je ne vous croirais pas. Une gardienne avait été retrouvée devant la cellule de cette gamine trop faible pour répliquée et trop loin d'Izamu. Après le recensement, nous avons noté l'absence d'un inquisiteur, un bon même. Quelques mois supplémentares et il aurait été promu au côté du Pontife. Aucun corps à présenter à la famille, une vie partie en poussière et plusieurs autres balafrées pour toujours. Même en leur expliquant qu'il servait désormais Shën, ils ne supportaient pas de se recueillir devant une tombe vide mais tel était la Loi de Satkaon. se blâma-t-il une nouvelle fois.

L'individu face à lui semblait faire abstraction de ses émotions, c'était habituellement sa propre force. Il se concentra de nouveau sur l'instant présent.

— Vous avez déjà décidé de mon sort. Et je l'accepte avec dignité.
Petit malin pesta-t-il intérieurement.

Tous deux avaient une certitude : cela ne pourrait pas se finir ici. L'Église n'était pas comme l'Ordre : ils étaient patients et désiraient une paix millénaire plutôt qu'une victoire rapide. Les idées survivent à la mort des hommes mais pas l'inverse.

— En vous écoutant parler, je nous ai décelés de nombreux points communs.
Le Pontife nota l'ironie d'avoir deux individus masqués autour d'un thé pour discuter mais se dit que, finalement, il était toujours question de ça : deux masques autour d'une table.

Il parlait encore d'échecs. Le Pontife n'eut jamais l'occasion d'en profiter mais ce Vinur lui en dressait une image plutôt précieuse et charmante. Son cœur pulsa une fois supplémentaire. Peut-être eut-il pendant une seconde éprouvé de l'envie.

Peut-être ne vous connaissent-ils pas, vous.

— Callidus, on me nommait Callidus, et oui volontiers. Répondit-il avec un visage bienveillant, s'amusant que quelqu'un prétende ne pas le connaître.
— Pourrais-je avoir une nouvelle tasse ?

Le Pontife attendu quelques instants puis reprit.

— Permettez-moi de vous corriger : ils ont tous leurs propres problèmes et peines. Pour Shën il n'y en a pas de moindres, il n'y a que des personnes à sauver. De plus, ils ont une peur commune : celle de se réveiller dans une ville en flammes. Conclut-il en jetant un regard au-dessus de son épaule en direction de la place.

L'endroit était serein, comme d'habitude. Cette quiétude était ce à quoi aspirait chaque habitant mais la simple idée de pouvoir la perdre suffisait parfois à la rompre. Combien d'entre eux, par peur, ont rejoins ceux qui n'espèrent que voir le monde brûler ?

Le Pontife se ressaisit et s'autorisa un dernier écart, jouant sur l'apparente ignorance de son opposant.

— Je ne compte pas revenir sur la tragique mort de mon collègue mais, si vous avez un poids sur la conscience, allez demander pardon à sa sépulture, peut-être que Shën vous l'accordera. Sa bonté n'a d'égale que notre bêtise.

Après tout, en ce monde où les morts ne le restent pas, les tombes servent au recueil mais surtout au pardon. Les proches peuvent éprouver des regrets. "Si j'avais fait ceci ...", "Si seulement ..." Les fautes peuvent se transformer en colère, la colère en haine. Ils peuvent au moins s'adresser une dernière fois à celui qui les a quitté, implorant son pardon. Nombreux sont ceux préférant affronter la colère des vivants que celle des morts.

— Quant au rooibos, avez-vous cherché en dehors de la ville ? Parfois Shën peut nous réserver des surprises des plus inattendues. Ricana-t-il légèrement. Il ne pensait pas que ce fut-ce le cas mais l'image de voir son mystérieux adversaire fouiller dans les hautes herbes l'amusait au plus haut point.

Il recentra ses pensées une nouvelle fois et reprit un ton plus sévère après cet agréable interlude.

— En effet, cette paix à un prix. Un prix lourd, trop lourd même. Tant de victimes dans une guerre intestine insensée. Nous aspirons tous deux à cette paix qui nous semble ci-loin désormais. Cela doit faire ... 200 ans si je ne m'abuse. le Pontife pris un moment, accusant le coup de son propre échec. Alors pourquoi ne pas nous rejoindre ? Je plaiderais votre cause auprès de Shën, à vous et à toutes personnes acceptant de vous suivre.
Je ne le fais pas pour mettre fin à ces insurrections, je ne suis pas assez naïf : même si vous veniez à rejoindre l'Église, un autre prendrait la place du Roi. J'exécute seulement la volonté de Shën : sauver tous ses ressortissants, une âme à la fois.

De plus, une place vient d'inquisiteur vient de se libérer, assassin. garda-t-il pour lui, amer.

Le Pontife marqua une longue pause. La colère se transforme en haine ... se raisonna-t-il. Pour le bien de la cité, il se devait de surmonter ses propres peines. À la fois père, guide, juge et bourreau.

— La dernière fois, ce rebelle avait tenté de me sauter à la gorge. J'espère que vous ne tenterez pas à votre tour votre chance, vous me décevriez.

Parlons un peu de vous, après tout, nous ignorions jusqu'à votre existence avant cette petite altercation. Pourquoi ce masque ?

Le Pontife se souvenu qu'il était inconvenant de poser une question sans soi-même y répondre. Il inspira profondément, cherchant l'explication la plus brève.
— Le mien représente le poids de mon péché.

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MessageSujet: Re: [FINI] Aucune tombe [PV le Pontife] Dim 2 Juil - 0:16
 

Dimma Dökkhönd

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— Callidus, on me nommait Callidus, et oui volontiers.

Nommait ? Intéressant. Très intéressant. Callidus était un terme d'origine latine. À moins d'une stylisation volontaire, Callidus devait descendre d'une très ancienne dynastie.

— Pourrais-je avoir une nouvelle tasse ?

Dimma adressa un signe de la main à l'un des serveurs, et lui demanda de lui ramener la même commande. Un thé vert dans une théière, et deux tasses.

— Permettez-moi de vous corriger : ils ont tous leurs propres problèmes et peines. Pour Shën il n'y en a pas de moindres, il n'y a que des personnes à sauver.

Cela faisait un point commun entre Dimma et Shën. Et ce n'était pas une réalisation des plus agréables à ses oreilles. Non, raisonna-t-il intérieurement, une différence de taille se dressait : Dimma cherchait à sauver les innocents, Shën leurs tortionnaires. Cela la classait aussitôt dans la catégorie des menaces.

— De plus, ils ont une peur commune : celle de se réveiller dans une ville en flammes.

De nombreuses villes avaient été rasées par les monstres et les êtres surnaturels. Dévastées. Réduites en cendres. Où était Shën, à ce moment-là ? Elle n'était pas là. Elle était terrée dans son trou, en plein triangle des Bermudes, loin de toutes les atrocités commises à cause de son inaction.

— Je ne compte pas revenir sur la tragique mort de mon collègue mais, si vous avez un poids sur la conscience, allez demander pardon à sa sépulture, peut-être que Shën vous l'accordera. Sa bonté n'a d'égale que notre bêtise.

Un enterrement, et maintenant une sépulture ? L'hypocrisie de l'Église Blanche ne connaissait aucune limite. À quoi cela servait-il de sermonner le peuple et de le forcer à se recueillir auprès du monument aux morts, une unique statue anonyme, alors que les fidèles, eux, avaient droit à une tombe personnelle ? Où était la justice ? Où était la justesse ?

— Quant au rooibos, avez-vous cherché en dehors de la ville ? Parfois Shën peut nous réserver des surprises des plus inattendues.

Comme par exemple un trublion baptisé Callidus.

— En effet, cette paix a un prix. Un prix lourd, trop lourd même. Tant de victimes dans une guerre intestine insensée. Nous aspirons tous deux à cette paix qui nous semble si loin désormais. Cela doit faire… 200 ans si je ne m'abuse. Alors pourquoi ne pas nous rejoindre ?

La question, rhétorique sans aucun doute, aiguisa l'intérêt de Dimma. Il avait réussi à attirer Callidus exactement où il le désirait, et ce dernier avait mordu à l'hameçon. Tout ce qu'il restait à faire, désormais, était de remonter la ligne. Prudemment. Précautionneusement.

— Je plaiderais votre cause auprès de Shën, à vous et à toutes personnes acceptant de vous suivre. Je ne le fais pas pour mettre fin à ces insurrections, je ne suis pas assez naïf : même si vous veniez à rejoindre l'Église, un autre prendrait la place du Roi. J'exécute seulement la volonté de Shën : sauver tous ses ressortissants, une âme à la fois.

Parfait. Tout se mettait en place. Dimma avait fait plusieurs références aux échecs, cependant sa vision de la situation se rapprochait davantage du jeu de go. Les conversations argumentatives se déroulaient à la manière du go. Le seul véritable moyen de triompher de son adversaire n'était pas de l'écraser ou de seulement se montrer plus malin que lui, non. Il fallait faire des erreur, commettre des fautes, concéder du terrain.

Toutefois, la mention de Callidus n'avait pas échappé à Dimma. "Je plaiderais votre cause auprès de Shën" ? Peu de monde pouvait se vanter de parler directement à Shën. Enfin, si, tout le monde en vérité, cependant plaider impliquait que le destinataire écoutait. Shën n'écoutait jamais. Callidus devait être l'un des membres les plus hauts gradés de l'Église Blanche, un grand-prêtre, un hiérophante… un prophète ?

— La dernière fois, ce rebelle avait tenté de me sauter à la gorge.

Kazunigaud.

— J'espère que vous ne tenterez pas à votre tour votre chance, vous me décevriez.

Cela ne faisait partie d'aucune manigance à l'heure actuelle.

— Parlons un peu de vous, après tout, nous ignorions jusqu'à votre existence avant cette petite altercation. Pourquoi ce masque ? Le mien représente le poids de mon pêché.

La question prit Dimma de court. D'ordinaire, son apparence parmi les monstres de foire ne suscitait aucun intérêt ni aucune curiosité. Voilà soudain que Callidus cet illustre inconnu posait une question qu'il n'avait entendue depuis des décennies. Pourquoi ce masque ? Trois mots, une infinité de réponses. La première qui lui vint à l'esprit fut de répliquer que les masques étaient des objets d'apparat très confortables et que tout le monde en porterait un dans un futur proche.

— Le mien représente l'espoir. Je ne suis qu'un banal humain. Quand je porte le masque, je suis une idée. Une inspiration.

Dimma baissa son capuchon sur ses épaules, dégrafa le nœud dans sa nuque et prit le masque entre les mains. Fronçant les sourcils, il le frôla du bout des doigts, comme s'il le découvrait pour la première fois. Peut-être, en fin de compte, était-ce bien la première fois. La première fois depuis… depuis quand ? Il l'arborait depuis si longtemps qu'il avait fini par se convaincre que c'était son véritable visage, et que la chair en-dessous n'était qu'un mannequin vide.

— Les gens ne croient pas en moi. Ils croient en ce masque. En cet avatar. À visage découvert, je ne suis que Vinur.

Ce prénom sonnait faux. Pourquoi ?

Dimma planta à nouveau son regard dans les lentilles de Callidus, que Robert E. Howard aurait sûrement qualifiées de bleu volcanique. Il voulait que son interlocuteur l'observe. Détaille les traits de sa figure, ses avantages, ses défauts. Qu'il examine le pantin sous l'avatar.

— À la réflexion, je ne qualifierais pas cela de masque, non. Ce ne serait pas lui faire justice. C'est un symbole. Une bannière de ralliement. Et un message. Un message qui dit aux victimes "vous avez la force de vous battre", et aux tortionnaires "vous tomberez inévitablement".

Il continua à fixer Callidus… et souleva soudain la théière à mi-hauteur.

— Du thé ? proposa-t-il dans un sourire radieux.

Sans attendre la réponse, il versa l'or vert dans la tasse de son invité, se servit lui-même, et entreprit de rattacher le masque et de remonter la capuche. Il se renfonça dans la chaise et joignit à nouveau les doigts.

— Les tortionnaires, Callidus. Ce monde en est empli. Hannah Arendt pensait que le mal était acquis mais, parfois, je trouve qu'Emmanuel Kant est le plus raisonnable : le mal est déjà en nous. Tout un chacun décide à un moment d'en faire usage… que ce soit dans de bonnes ou de mauvaises intentions. Et bien souvent, nous nous convainquons nous-mêmes que nos intentions sont louables. Prenez notre ami mutuel, Isamu Kazunaga, par exemple. Que veut-il ? Sortir de Satkaon. Pourquoi ? Pour sauver ses amis humains des traitements infligés par les importés. C'est un but noble. Pourtant, il semble persuadé que la violence est le seul chemin envisageable. Je reconnais avoir été séduit par ses paroles, et la suite vous la connaissez, hélas.

Dimma avala quelques gorgées de thé.

— Quant à l'Ordre de Sainte Emeline… Je pense que nous avons là la meilleure définition possible du Templier, déterminé à imposer sa philosophie écrasante et à détruire tous ses ennemis, et les alliés de ses ennemis. Le mal, à Satkaon, est perpétré par ces deux-là. Les Insoumis et l'Ordre. Cela doit cesser.




[HRP : désolé pour le délai !]

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MessageSujet: Re: [FINI] Aucune tombe [PV le Pontife] Mer 5 Juil - 11:41


— Le mien représente l'espoir. Je ne suis qu'un banal humain.
Outre le parallèle avec lui-même, symbolisant son échec passé alors que son opposant était tourné vers l'avenir, ce qui marqua le Pontife fut bien la seconde phrase.
Ainsi, Vinur serait un humain béni par Shën. Nota-t-il dans un coin de sa tête. L'information était pour certains le nerf de la guerre, pour lui, c'était la garantie de la paix.
Toutes informations étaient prisées envers ce mystérieux personnage. Ce dernier sembla disposer à en fournir, enlevant son masque de sa propre initiative.
Le Pontife décolla son dos de la chaise, trahissant une curiosité certaine.

On raconte parfois qu'il fut possible de deviner la personnalité d'une personne à son seul visage. À ce sens là, les masques fûrent bien utiles.
Sept cents longues années à scruter des visages permirent au Pontife d'en décerner des bribes, bien qu'il lui fut impossible d'en dresser un portrait.
Ses traits étaient prononcés, sévères. Néanmoins, ce qui marqua le plus le Pontife fut son regard. Celui de quelqu'un ayant vu tant de choses, trop de choses. Il pensa qu'il avait peut-être lui-même ce regard.
Décidemment, trouver tant de points communs l'inconfortait. La détermination se lisait sur son visage. Il faisait parti de ceux qu'on préfèrait en allié qu'en ennemi et, se rappelant des mots de ce dernier, il s'étonna une nouvelle fois de son origine humaine.

Se remarquant bien trop happé par son némésis, il s'installa une nouvelle fois au fond de sa chaise tout en écoutant Vinur finir sa tirade.
Un humain était mortel, bien plus qu'un Ancien. Ainsi, il n'était pas dénoué de raison que de tenter de rassembler une cause autour d'une identité plutôt qu'une personne. À cette différence, leurs ambitions se ressemblaient.
Quel dommage pensa-t-il, regrettant de ne pas avoir put le secourir tantôt, tous deux auraient évité bien des problèmes et gagné un allié puissant. Peut-être un coup du sort de Shën. Si tel fut le cas, il comprendrait tôt ou tard sa raison.

— Du thé ? Proposa l'humain, tirant le Pontife de ses pensées. Ce dernier se contenta de commenter d'un "mes remerciements" en levant la tasse pleine au niveau de son nez.

Vinur continua, évoquant un nom inconnu au Pontife et un autre qui lui rappela des vagues souvenirs. Un philososphe, se remémora-t-il. Malheureusement, les écrits ne parvenèrent pas jusqu'à Satkaon.
Bien heureusement, son interlocuteur avait la gentilesse de développer son propos.
Le Pontife se questionna sur le but de cette exposition. Essayait-il à relativiser le bien-fondé des paroles de Shën ? Ou bien amoindrir leurs méfaits ? Peut-être même voulait-il juste discuter. La dernière option semblait extravagente dans le contexte mais celui-ci même l'étant, aucune ne pouvait être négligée.
Cherchant des réponses, il se contenta simplement de répondre, ennuyé.
— Vous me décevez. lâcha-t-il. De belles paroles utopique d'un enfant irréfléchi auraient suffit à risquer la paix, fragile, de la cité ?[/color] Questionna-t-il en reposant la tasse.
— Si, et je dis bien "si", vous arriviez par je-ne-sais-quel-miracle à quitter Satkaon et retourner dans le monde "normal", que pensiez-vous qu'il se passerait ? Des centaines de personnes disparut depuis des années réaparaissant soudainement, des questions seraient posées à coup sûr. Vous révéleriez l'existence de Satkaon, de tous nos semblables vivant en paix dans votre ancien monde et provoquerez une guerre, inéxorablement.
La peur aveugle les gens, les poussent à la déraison et produit des massacres.

Le Pontife marqua une pause.
— Quant à l'Ordre, ils sont, si je puis me permettre, pire encore. Ils ne semblent pas comprendre les idéaux de Shën et considèrent les humains comme des nuisibles. Ils sont aveuglés par leur haine envers ceux-ci pour les avoir persécutés. Cela fait aussi d'eux les plus déterminés et dangereux, prêt à tout pour une satisfaction vengeresse et éphémère. Appuia-t-il, passant inconsciemment deux doigts sur son bras gauche.
Ces deux groupes me causent bien des problèmes, je dois l'avouer : la situation est délicate et semblable à une poudrière. Toute intervention officielle envers l'une d'elle permettrait à la seconde de s'engouffrer par la brèche ainsi créée. Le réel problème dans cette insurrection est le suivant : nous cherchons à protéger alors qu'ils désirent juste détruire. Conclua-t-il, amer.

Le Pontife pris le temps de réitérer le geste avec la tasse de thé le temps de faire le point.

Il tentait de se faire allié le meurtrier d'un des siens mais il était certain que celui-ci le pardonnerait s'il amenait la paix. Pour tous ceux qu'il avait déjà perdu, cette guerre avait déjà trop durée.
Guerre ? Non, plutôt une succession d'escarmouches. Dans une guerre, l'ennemi est identifié, l'objectif est simplement de le faire plier par la force tout en limitant les dommages.
La situation était ici plus complexe : chaque victime était une perte pour l'Église et alimentait le cycle de la haine. Elle était gravement désavantagée.
Le Pontife pouvait comprendre la peine des Insoumis : ils ne pouvaient accepter cette vérité et rêvaient de leur confort d'antan.
L'Ordre, en revanche, était bien plus obscur à ses yeux : ici, Shën les protégeait, pour quelles raison morbide désiraient-ils continuer cette cause auto-destructrice ?

Alors qu'il regarda une nouvelle fois par dessus son épaule, il entraperçut un événement se produire. Déjà ? S'étonna-t-il.
10
— Cette conversation fut, je l'espère, un plaisir partagé. Malheureusement, elle semble devoir prendre fin ici, pour le moment.
5 Il fronça les sourcils, voyant déjà l'agitation à venir.
— Réflechissez à ce que je vous ai proposé. Même en excluant votre intêret indubitable à échapper à votre destin funeste, nous économiserions tous deux de précieuses vies, selon la volonté de Shën.
1

Le Pontife se leva, lévitant, les mains jointes dans le dos et soupira profondément.
0...
Trois inquisiteurs apparurent sur la place, à une dizaine de mètres des deux individus masqués. Visiblement sur la défensive, l'un d'eux pris la parole.
— Monsieur, éloignez-vous, cet homme a déjà abattu un des nôtes, il est dangereux !
C'était celui ayant déjà démontré son zèle un peu plus tôt.
— Silence ! Ordonna le Pontife, furieux, l'ayant déjà rejoint et profitant de la proximité pour appliquer sa paume sur le front de celui-ci une courte seconde.
— Est-ce ainsi qu'un servant de Shën doit se comporter ? Regardes autour de toi.
En effet, l'arrivée de trois inquisiteurs visiblement portés par des intentions guerrières avait attiré l'attention générale. Quel imbécile faisait-il, ils penseraient à une situation hors de contrôle et douteraient de la protection qui leur est accordé. La peur attire la haine ...
Il se retourna pour faire vace à Vinur et lança de sa voix la plus douce, visiblement à l'attention de l'assemblée :
— Shën et moi-même vous remercions de votre collaboration, puisse-t-elle guidée vos décisions et vous protéger.
L'apparition du Pontife avait au moins permis de rétablir le calme accompagné par un silence religieux. Il salua la foule avant de repartir en direction de la cathédrale, accompagné des trois hommes.
— Pontife, je ...
— "suis désolé", je sais. Je n'ai que faire des mots, prouves le moi par tes actions. le blâma-t-il une dernière fois, le visage de ce dernier était blême. Quant à cet homme, il est la bienvenue à la cathédrale. Assona-t-il.
— Pontife ?! Lâcha-t-il un peu trop fort, visiblement surpris comme ses deux comparses, sous le regard accablant de son supérieur.
Ils reprirent leur marche.
— Pratiques-tu les échecs ? Demanda le Pontife, visiblement amusé et oubliant, le temps d'un instant, l'évadée.

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MessageSujet: Re: [FINI] Aucune tombe [PV le Pontife] Ven 7 Juil - 18:30
 

Dimma Dökkhönd

Le Pontife

Aucune tombe
— Vous me décevez.

Oh vraiment ?

— De belles paroles utopiques d'un enfant irréfléchi auraient suffi à risquer la paix, fragile, de la cité ?

Par définition, une parole utopique était belle. C'était le principe-même de l'utopie. Callidus était peut-être moins vif d'esprit qu'il le laissait croire.

— Si, et je dis bien "si", vous arriviez par je-ne-sais-quel-miracle à quitter Satkaon et retourner dans le monde "normal", que pensiez-vous qu'il se passerait ? Des centaines de personnes disparues depuis des années réapparaissant soudainement, des questions seraient posées à coup sûr. Vous révéleriez l'existence de Satkaon, de tous nos semblables vivant en paix dans votre ancien monde et provoquerez une guerre, inexorablement. La peur aveugle les gens, les poussent à la déraison et produit des massacres.

Parce que le désespoir non ? Dimma commençait à penser que les œillères de Callidus n'étaient pas que physiques, mais spirituelles. Il semblait n'envisager toujours qu'un seul chemin possible, alors que la multiplicité chaotique prédominait. Après tout, il était plus simple de croire qu'il suffisait de juguler une fuite pour tarir la source.

— Quant à l'Ordre, ils sont, si je puis me permettre, pire encore. Ils ne semblent pas comprendre les idéaux de Shën et considèrent les humains comme des nuisibles. Ils sont aveuglés par leur haine envers ceux-ci pour les avoir persécutés. Cela fait aussi d'eux les plus déterminés et dangereux, prêts à tout pour une satisfaction vengeresse et éphémère.

Presque les plus déterminés. Dimma savait très bien à quel groupe revenait la médaille de la détermination. Il était quand même responsable de la destruction de trois villes de monstres, et de l'anéantissements de dizaines, si ce n'étaient des centaines, d'êtres surnaturels. La dernière diaspora était de son fait.

— Ces deux groupes me causent bien des problèmes, je dois l'avouer : la situation est délicate et semblable à une poudrière. Toute intervention officielle envers l'une d'elle permettrait à la seconde de s'engouffrer par la brèche ainsi créée. Le réel problème dans cette insurrection est le suivant : nous cherchons à protéger alors qu'ils désirent juste détruire.

Et c'était là, l'idée principale. L'Église Blanche avait les mains liées. Ce qu'elle ne pouvait faire, l'Étoile Rouge s'en chargerait. Les Insoumis et l'Ordre se dressaient sur le chemin de la paix. Deux factions résolument opposées. Tout ce qu'il était nécessaire de faire était de les amener l'un contre l'autre. De les amener à s'affronter. Les Insoumis n'étaient, au bout du compte, que des humains court-termistes. L'Ordre n'était, au bout du compte, composé que de monstres anti-humains court-termistes. Dimma les amènerait à s'affronter, et sans plus d'efforts de sa part, ils deviendraient les architectes de leur propre destruction. Les fanatique n'obéissaient qu'à leur vision déformée du monde.

— Cette conversation fut, je l'espère, un plaisir partagé.

Elle le fut.

— Malheureusement, elle semble devoir prendre fin ici, pour le moment.

Dimma fut pris de court. C'était une décision brusque. Callidus souhaitait-il mettre un terme à la discussion et passer à l'action, afin de rendre le jugement de sa déité inexplicable ?

— Réfléchissez à ce que je vous ai proposé. Même en excluant votre intérêt indubitable à échapper à votre destin funeste, nous économiserions tous deux de précieuses vies, selon la volonté de Shën.

Avant que Dimma puisse réagir, Callidus se leva et lévita sans peine. Impressionnant. Très impressionnant. Ce n'était pas un individu ordinaire, loin de là. Et cela faisait déjà un pouvoir de révélé. Cependant, cette démonstration de puissance l'aveugla tellement qu'il n'aperçut qu'à la dernière seconde les trois inquisiteurs qui venaient d'arriver.

Il grinça des dents. Callidus était manifestement persuadé, mais il n'aurait pas le temps de parlementer avec trois inquisiteurs supplémentaires. Le thé et le masque ne faisaient jamais longtemps effet.

— Monsieur, éloignez-vous, cet homme a déjà abattu un des nôtres, il est dangereux !

Dimma voulut exprimer son opinion à ce sujet, et encore une fois défendre son innocence dans ce regrettable enchaînement d'évènements, toutefois il se retint de peu, raisonnant que cela ne ferait qu'ajouter de l'huile sur un incendie qui venait à peine d'être maîtrisé.

— Silence !

Oh. C'était inattendu.

— Est-ce ainsi qu'un servant de Shën doit se comporter ? Regarde autour de toi.

Callidus pivota.

— Shën et moi-même vous remercions de votre collaboration, puisse-t-elle guider vos décisions et vous protéger.

Dimma inclina légèrement la tête et le buste pour signifier sa compréhension et ses remerciements. Les conclusions étaient devenues hâtives, Callidusa parlait désormais ouvertement de collaboration. En jetant un bref regard alentour, Dimma vit que la populace était concentrée sur eux.

Bien joué, Callidus. Bien joué.

Callidus et ses amis de l'Église Blanche s'éloignèrent alors, discutant à voix basse. Dimma n'entendit de leur part qu'une dernière interjection.

— Pontife ?!

Cela le laissa en partie de marbre. Il avait correctement déduit qu'il s'agissait d'un prêtre de haut-rang, néanmoins jamais il n'aurait imaginé qu'il s'agissait du Pontife. C'était une bonne chose.

Dimma l'avait vu. Et Dimma avait vu que c'était un homme comme les autres. Fait de chair, de sang, de regrets… et d'une incapacité chronique à boire du thé. Il y avait quelque chose d'à la fois hilarant et pathétique dans ce dernier fait. Tout puissant qu'il était, tout symbole qu'il représentait… le Pontife… Callidus, était cet homme incapable de profiter des petits plaisirs de la vie.

Cela accorderait à Dimma toute l'avance stratégique dont il aurait besoin pour passer à l'étape supérieur de ses plans. Pour l'instant, il devait se concentrer sur la neutralisation mutuelle des Insoumis et de l'Ordre de Sainte Emeline. Il ne savait pas encore trop comment s'y prendre. Il ne connaissait pas Sainte Emeline, mais il se doutait qu'il lui suffirait de dire "Isamu a dit que tu étais grosse" pour la mettre en marche. Kazunigaud, d'un autre côté… s'avérerait plus dur à convaincre… déjà parce que Dimma n'avait absolument aucune idée de l'endroit où il pouvait se trouver. Peut-être était-il prisonnier au sein de la cathédrale, peut-être avait-il disparu dans la nature… S'il ne persuadait pas Isamu, ce n'était pas si grave. Une attaque préventive de l'Ordre amènerait les Insoumis à prendre part au conflit… Cette histoire de factions n'était qu'un vaste tournoi, et les opposants devaient s'éliminer entre eux avant de prendre part à la grande finale.

Dimma leva sa tasse au niveau de son visage.

— À bientôt, Callidus.

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